Le parcours artistique de Constant Permeke se développait de manière très prometteuse - jusqu'à ce que la guerre vienne tout bouleverser. En juillet 1914, la Belgique décréta une mobilisation générale. Constant Permeke fut appelé sous les drapeaux et participa à la défense de la ceinture fortifiée d'Anvers en août. Il fut grièvement blessé à la jambe par un éclat d'obus. Pour Permeke, la guerre était terminée. Avant même la chute d'Anvers, le 9 octobre, tous les soldats blessés furent évacués d'Anvers vers Ostende, puis vers l'Angleterre. Sa femme, alors très enceinte, et sa mère le rejoignirent.
D'octobre 1914 à avril 1919, Permeke séjourna en Angleterre. Il déménagea quatre fois, chaque fois vers de petits villages isolés. Cela ne l'empêcha pas d'expérimenter avec ardeur et de poursuivre sa quête de renouveau. Il peignait principalement sur de grands formats, à l'huile sur toile, appliquant la peinture de manière épaisse et rugueuse, au pinceau et au couteau. La palette chromatique est particulièrement intense. Combinée à la touche brute et au cadrage inhabituel, elle confère aux tableaux un caractère tout à fait particulier. Pendant ces années d'isolement naquirent les germes d'une trajectoire artistique profondément personnelle, inspirée par le modernisme et l'humanisme.
L'exposition et le livre entendent offrir un aperçu de l'évolution artistique parcourue par Permeke durant ces cinq années cruciales de sa jeunesse d'artiste. Ils présentent également des ?uvres de compatriotes ayant eux aussi séjourné en Angleterre pendant la Première Guerre mondiale - tels qu'Edgard Tytgat, George Minne, Léon De Smet et Gustave Van de Woestijne - dont des ?uvres figurent également dans l'exposition et le catalogue.